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    Assis tout au bord d'un nuage,
    ça fait des jours que je voyage
    et dans mes vagabondages,
    j'ai le vent comme équipage...
    Funambule au fil de l'eau,
    je fais la papote aux oiseaux
    et - il faut ce qu'il faut -
    j'ai mis une plume à mon chapeau.
    J'ai mon chapeau soleil,
    mon écharpe arc-en-ciel,
    j'ai tout oublié, je pense:
    je suis en vacances

    Christian MERVEILLE

     

    Nouveau : retrouvez, dans ce dossier, la liste de tous les thèmes qu'abordent mes articles poésies et comptines.


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    Est-ce que vous connaissez l’histoire de cette étudiante allemande qui arrive à Paris début janvier et qui, prise d’une petite faim subite, entre dans la première boulangerie venue ?

    Il n’y a pas vraiment le choix : partout les mêmes gâteaux ronds avec l’étiquette : galette des rois. Là, elle se dit : c’est incroyable ces tendances aristocratiques des Français. Et elle s’offre une petite galette, à l’odeur alléchante.

    Elle mord dedans avec enthousiasme. Catastrophe : elle tombe sur quelque chose de dur et se casse une dent. Aïe ! Ou plutôt "aua!", comme on dit en Allemagne...

    En France, on appelle la fête des Rois l'Epiphanie, un mot d’origine grecque - "epiphaneia" - qui signifie apparition. C’est en effet un 6 janvier que l’enfant Jésus est révélé aux rois mages, Gaspard, Melchior et Balthazar.

    Et pour fêter dignement cet événement, on prépare la fameuse galette des Rois, un excellent gâteau à base de pâte feuilletée et de frangipane. Dedans, on cache une fève. Enfin, à l’origine, c’était une fève. Aujourd’hui, c’est une petite figurine en porcelaine. Les Français raffolent de ces fèves et même certains les collectionnent. Celui sur qui tombe la fève devient roi ou reine pour la journée. On lui met sur la tête une superbe couronne en carton doré et à chaque fois qu’il porte son verre aux lèvres, les autres crient avec enthousiasme : "Le roi boit, le roi boit !"

    Les historiens peuvent bien se disputer sur l’origine de cette coutume païenne qui remonterait à l’époque romaine ou au Moyen Age, peu importe. En France, la galette des rois, c’est sacré. A la maison, chez grand-mère, au bureau… eh oui, surtout au bureau : toute la France s’empiffre, toute la France tire les Rois. Avec passion. Et souvent avec du champagne. Et chaque année, on raconte à nouveau pour la millième fois aux collègues de bureau comment ça se passe en famille. Car il y a différentes manières de faire. Parfois, c’est le plus jeune qui doit se cacher sous la table pour répondre à l’aveugle à la question : "Roudoudou, pour qui est ce morceau-là ?" C’est pour papa, c’est pour tante Bernadette, etc... Peu importe, l’important, c’est que l’on tire les Rois et qu’on en parle.

    Il y a encore vingt ans, on tirait les rois uniquement le 6 janvier, mais aujourd’hui, on mange de la galette de façon quasi ininterrompue, du 2 au 15 janvier. Les boulangers sont malins et ils ont compris que les Français, ces anciens révolutionnaires, ont tous envie de devenir le roi ou la reine d’un jour. Et pour que chacun ait droit à son tour, ils vendent leurs galettes pendant deux semaines.

    Encore une chose : veillez à ce que cette fête, qui est déjà devenue païenne, ne se transforme pas de surcroît en un étouffe-chrétien. C’est comme ça qu’on appelle en français un plat ou un gâteau très lourd, qui pèse tellement sur l’estomac qu’il risque d’étouffer toute personne normalement constituée. Donc achetez de préférence votre galette chez un très bon boulanger.


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  • La nouvelle année

     

    - Nouvelle année, qu’as-tu dans ta besace ?

    - Douze garçons, tous forts et courageux ;
    - Douze garçons pour vous servir, Madame,
    - Douze garçons pour vous servir, Monsieur.

    - Les trois premiers sont souvent en colère,
    - Les trois suivants savent rire et chanter.

    - Les trois suivants remplissent vos corbeilles,
    - Monsieur, Madame, et même vos greniers.

    - Les trois derniers font ce qu’ils ont à faire,
    - Tout en pleurant, ils enterrent leur mère.
    - Ne pleurez plus, holà ! mes douze mois,
    - Morte l’Année, l’Année vit, me voilà ! Louisa Paulin


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  • Jacques Prévert



    Enfants de la haute ville
    filles des bas quartiers
    le dimanche vous promène
    dans la rue de la Paix
    Le quartier est désert
    les magasins fermés
    Mais sous le ciel gris souris
    la ville est un peu verte
    derrière les grilles des Tuileries
    Et vous dansez sans le savoir
    vous dansez en marchant
    sur les trottoirs cirés
    Et vous lancez la mode
    sans même vous en douter
    Un manteau de fou rire
    sur vos robes imprimées
    Et vos robes imprimées
    sur le velours potelé
    de vos corps amoureux
    tout nouveaux tout dorés

    Folles enfants de la haute ville


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  • Le Noël des paysans.

     

    Recueil : Chansons de Noël (1853)

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    En attendant la messe, on veille,
    On babille, on chante un Noël ;
    Dans les récits de la plus vieille
    La jeune met son grain de sel.
    Garçons joufflus, que l'on s'empresse,
    Tout frais rasés, vêtus de drap ;
    Filles en blanc, vite à la messe,
    Une étoile vous guidera.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Dig ding dong ! l'église est jolie :
    (Racontons ce que nous voyons)
    De beaux habits toute remplie,
    De cire blanche et de rayons.
    Au fond, dans une niche en verre,
    Dort sur la paille un doux Jésus :
    Rois et bergers sont en prière,
    L'âne et le bœuf soufflent dessus.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Quand à la file on communie,
    L'orgue joue un air de hautbois ;
    Quand toute la messe est finie,
    On s'éparpille dans les bois.
    Il fait si doux ! l'âme est contente,
    J'entends un amoureux qui dit :
    « Cette nuit le rossignol chante,
    La rose a fleuri cette nuit. »

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Allons ! rentrons car il grésille.
    Dit un vieillard en grelottant,
    La bûche de Noël pétille
    Et le réveillon nous attend.
    Respectons la vieille coutume,
    Mes beaux amoureux, buvez frais,
    Mangez le boudin quand il fume,
    Vous vous embrasserez après.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Jésus fait dans notre nuit noire,
    Pauvres gens ! luire une clarté ;
    À sa santé nous devons boire,
    Avec lui naît l'égalité.
    Grands et puissants à mine altière,
    Donnez s'il vous plaît un regard
    Au roi du ciel et de la terre,
    Né sur la paille d'un hangar.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.


    Pierre Dupont.
    (1821 - 1870)

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